Petit guide de la restauration ratée d’oeuvre d’art d’Espagne (I)

octubre 23, 2020by Aleksey2

L’Espagne, c’est beaucoup de choses. On pense automatiquement, à la plage, aux tapas, sa culture, ses traditions, on pense à son patrimoine. Ah. Le patrimoine…. Vous pensez, bien entendu, aux magnifiques oeuvres de Gaudi, comme aux cathédrales rivalisant entre elles d’audace… Nous, nous y pensons aussi… Mais nous n’oublions pas une chose qui attire, malgré (et étonnement) de plus en plus de curieux et développe une autre sorte de tourisme : la restauration ratée d’oeuvre d’art. Et oui, il y a un public pour cela !

Avant de continuer votre lecture, une petite précision pour éviter tout malentendu : Ces restaurations ratées ne nous font absolument pas plaisir. Ensuite, ces restaurations non contrôlées sont malheureusement dues à un vide juridique concernant le patrimoine non classé Bien d’intérêt culturel ou similaire. C’est pour cela que la majorités de ces restaurateurs improvisés, ne sont pas sanctionnés et que nous espérons qu’il sera un jour pris, des mesures sérieuses pour protéger le Patrimoine Espagnol.

EcceHomo de Borja, LA restauration ratée, la vraie.

Celia Giménez est une dame de 80 ans tout à fait respectable, et terriblement soucieuse du Patrimoine religieux. Agacée par le peu de considération de la paroisse du Santuario de Misericordia, la charmante dame s’est emparée de ses pinceaux et à déployé toutes ses capacités d’artiste. Le bénéficiaire de son attention ? Une fresque de 1930 intitulée Ecce homo représentant le Christ, datant du dont le peintre est Elías García Martínez.
Nous sommes le 21 août 2012. Madame Giménez vient de changer à tout jamais le destin de sa petite église. Ecce homo enfin, à retrouvé une dignité.

Enfin, tout est relatif. Qu’importe, Ecce homo, c’est LE nec le plus ultra du petit guide des restaurations ratées d’Espagne. Rapidement, la toile s’enflamme et qualifie la restauration de Ecce homo comme la plus ratée de l’histoire de l’art.
La pauvre dame explique qu’elle pensait bien faire. Car oui, son acte n’est pas considéré comme du vandalisme ou du blasphème. Celia Giménez est croyante, à vraiment voulu sauver l’oeuvre.. Mais face aux moqueries, et se sentant humiliée, la pauvre dame est tombée en dépression…

Une «restauration» plus que discutable.

Une sincérité qui à touché l’opinion publique

Le scandale est tel qu’une foule de curieux est venu en pèlerinage admirer le désastre... Finalement, la peine et le chagrin sincère de Madame Gimenez n’ont pu que provoquer de l’empathie, et aussi un léger sourire. Mais rapidement, la señora Gimenez à retrouvé la joie : en fait depuis la restauration, chaque année la petite église attire plus de 200 000 personnes, venant de tout horizons ! Elle est considérée, par de nombreuses personne, comme la femme qui à sauvé de la mort le village de Borja ! Madame Giménez est très fière de poser avec sa «restauration» qui est connue jusqu’au Japon !
Même l’office de tourisme de Borja affiche fièrement l’oeuvre reine de la restauration ratée… Les visites, dont l’entrée est payante, génère chaque année plus de 52 000 euros. Business is business, vous pouvez acquérir une petite reproduction de Ecce Homo ou un dé à coudre avec son image… Un cadeau qui fait toujours plaisir

Le succès est tel qu’il existe un déguisement «Ecce homo»…

Cette «restauration» est connue jusqu’en Amérique, il y a même un opera comique la concernant «behold the man«…. Madame Gimenez peint beaucoup, et ses oeuvres sont régulièrement exposées.

En fait, avant la restauration, personne ne savait où se trouvait le Santuario de Misericordia. Même les espagnols étaient incapable de situer sur la carte la ville de Borja (Saragosse). Depuis, le petit village d’a peine plus de 5.000 habitants est habitué à recevoir plus de 200 000 personnes par an. Des amateurs d’art, voila.

Madame Gimenez et l’une de ses peintures, qui est désormais étiquette d’une bouteille de vin. Source El Español.

L’ange du rétable de San Sebastián de Reinosa

À présent, parlons de la restauration ratée d’art espagnol la plus innocente et discrète. On pourrait aussi la considérer comme l’une des «moins grave» et sans trop de conséquences…

Par grand hasard (n’est-ce pas) peut être que vous vous retrouvez à admirer  les magnifiques petits anges du rétable du XVIIIe siècle de l’église San Sebastián de Reinosa (Cantabria). Puis soudain, c’est le drame.
Voila oui, c’est le drame. Vous vous êtes frottés trois fois les yeux, mais la vision «divine» perdure. Il y a un petit ange quand même très douteux qui ressemble à un dessin d’enfant.

«Rien à signaler» sauf en haut, à gauche…

En fait, personne ne s’était rendu compte avant un certain visiteur, de cette restauration ratée. La personne, qui à remarqué le chérubin, l’a photographié et publié sur internet. Ce qui n’a bien entendu, pas du tout fait plaisir au diocèse… Parce qu’après la publication, la toile s’est régalée et moquée. Léglise se défend d’un second Ecce Homo et à donné des explications pour calmer la rigolade. En réalité, durant la Guerre Civile, le retable a connu des dégâts et le gracieux minois d’un chérubin serait tombé au sol. On se serait alors à l’époque, empressé de masquer la perte.

Le petit ange va rester ainsi

Ni vu, ni connu, personne n’a jamais rien dit, jusqu’a ce que des photos soient publiés sur internet.
Pourtant, le diocèse et la paroisse s’opposent à une véritable restauration, parce que «ça ne se voit pas» et qu’il faut user d’un «téléobjectif» pour remarquer ce petit angelot. Il explique à la presse que l’angelot ne gâche en rien la beauté du retable. Qu’il s’agit d’une restauration ancienne exécutée avec bon coeur, pour que jamais l’on n’oublie qu’il y avait à cet emplacement précis, un petit chérubin.

Le diocèse manifeste son mécontentement de voir l’ange déployer son sourire naif sur internet. Il explique que le journalisme sensationnel autour du chérubin est finalement très désagréable et inapproprié. Pardon mais cet ange est trop beau pour ne pas figurer dans le guide des restaurations ratées d’Espagne.
Donc pensez à une chose, lorsque vous irez de l’église San Sebastián de Reinosa, ce sera avec une paire de jumelles. Un téléobjectif sur votre appareil photo et le tour est joué. Ne me remerciez pas, c’est avec plaisir.


À gauche, la restauration ratée. À droite, la restauration (très coûteuse) effectuée par des professionnels.

Le San Jorge d’Estella : entre mensonges et indignations

Passons maintenant à une restauration qui a plus indigné que fait rire. La restauration de Madame Gimenez à été en quelque sorte pardonnée, déjà parce qu’il s’agissait d’une personne au bon coeur, et ensuite, parce que son geste rapporte de l’argent à la ville… Pour le petit chérubin, déjà on ne sait pas quel restaurateur s’en est chargé, et puis même chose que Celia Gimenez, c’était «pour bien faire«.
Or, les restaurations ratées ne font pas toutes «sourire». Certaines au contraire, apportent courroux, indignations et entrainent… Des menaces.

La toile s’en est bien sûr donné à coeur joie…

Nous sommes en 2018,  à l’Eglise San Miguel, à Estella, en Navarre. La restauration ratée à pour sujet une très belle sculpture en bois réalisée aux alentour de 1500. San Jorge (saint Georges) y est représenté terrassant un dragon. Après plusieurs siècles, l’oeuvre avait besoin d’un petit rafraichissement… La paroisse à décidé d’engager Carmen Puerta, responsable d’un atelier de travaux manuel, où elle donne notamment des cours de peintures aux enfants.

Et le tour est joué. Une nouvelle restauration ratée d’art espagnol. Relooking façon image d’Épinal pour San Jorge. La presse espagnole y voit un nouveau playmobil. Scandale et risée. Une plainte (justifiée) est déposée contre la restauratrice, déjà pour l’endommagement de l’oeuvre, et ensuite, parce que les peintures utilisées ne sont pas compatibles avec le bois. Donc en plus d’être une restauration ratée, c’est une restauration risquée qui met en péril un trésor. En effet, ce San Jorge est classé patrimoine…

«Mieux vaux en rire»

La question que tout le monde se pose : pourquoi la Paroisse à engagé Carmen ?

Pour commencer, parce que son espace, Karmacolor, avait bonne réputation, et secondement parce que Carmen à mentit sur son CV, en se prétendant sorties des beaux arts et ayant une formation de restauratrice. De plus, elle assurait avoir déjà participé à des restaurations de cette envergure.
La seconde question que je me pose, et que tout le monde s’est aussi posé, c’est pourquoi Carmen, sachant parfaitement la limite de ces capacités, ai osé se prétendre à la hauteur d’une restauration de ce niveau ? Une vidéo désormais supprimée de son canal youtube, la montrait restaurer le San Jorge. Une vidéo qui à bien entendu, fait bondir les restaurateurs, les vrais. Et à indigné les habitants de Estella, et de toute l’Espagne. C’est la prétention et le mensonge, qui ont fait que la fausse restauratrice à provoqué la colère et, contrairement à Madame Gimenez, l’ont rendue impardonnable.

Il faut préciser, que la valeur du San Jorge est beaucoup plus grande que celle du Ecce Homo

Un retour à la dignité pour cette magnifique oeuvre d’art. Source image : El Pais

De restauration ratée, à un retour à la dignité.

Heureusement, des solutions ont été trouvée pour sauver l’oeuvre. Après avoir passé un an entre les mains de véritables restaurateurs, San Jorge à retrouvé sa dignité. Or, à cause de l’usurpatrice, 45% de sa polychromie originelle à été perdue… Pour rattraper les dégâts, plus de 30 000 euros ont été déboursés… Carmen a quant à elle, à du régler une contravention de 6 000 euros.

Mais pas que… La femme a reçu plusieurs plaintes des habitants de son village. Pourtant, Carmen était très appréciée pour ses cours de peintures et ses travaux manuels divertissant. Cependant, depuis ce fâcheux évenement, elle à provoqué la colère et l’incompréhension de nombreuses personnes qui autrefois, l’appréciait. Le courroux ne s’est pas limité aux habitants de son village…
En effet; Carmen a décidé de disparaître de la toile car elle recevait des messages injurieux de toute l’Espagne…

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Aleksey

Je suis Aleksey Vidal, agent immobilier de Retraite en Espagne. Je suis française de père espagnol. Après avoir partagé ma vie entre l’Espagne et la France, j’ai décidé de m’y installer définitivement fin 2017.Le niveau de vie, la sympathie des gens, le beau temps, tout comme mes racines et ma vie personnelle, ont été les raisons de mon expatriation en Espagne.Je suis une personne enthousiaste, et, en plus de vous aider à rencontrer votre future propriété, j'aspire à vous faire découvrir l'Espagne comme vous ne l'avez jamais vue !

2 comments

  • Luc Barbiot

    octubre 26, 2020 at 8:29 am

    Comment peut-on se faire passer pour quelqu’un que l’on est et qui n’a pas voulut reconnaître son incompétence pour une restauration de cette envergure (Le San Jorge d’Estella). Une honte de détruire une tel œuvre. Pour l’angelot, il faut vraiment y faire très attention. Quand à la toile du Christ, on voit que cela part d’une bonne intention. Mais partout dans le monde, des œuvres on était massacrée par des soit disant restaurateur d’œuvre d’art. Je suis sur qu’il doit y en avoir an Belgique mais que l’on ne les a jamais montré. Merci pour ce commentaire qui est comme toujours très intéressant.

    Reply

    • Aleksey

      octubre 28, 2020 at 12:03 pm

      Oui, c’est arrivé dans d’autres endroits dans le monde. Le soucis est que l’Espagne n’a pas de loi propre à ce genre d’incident, il y a un vide judiciaire… Comme tu remarqueras, cela arrive surtout dans des petits patelins. Il y a une autre histoire, qui sera dans le prochain article, qui parle justement de personnes qui avaient demandé à plusieurs reprises des restaurations d’une oeuvre. À force de voir leur requête ignorée, ils ont décidé d’agir eux même… Alors oui, l’oeuvre est sauvé mais on dirait un supermarché de playmobil.

      Reply

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