Journal d’Aleksey : Curieuses rencontres dans la campagne espagnole (1)

La campagne espagnole, endroit où vous pouvez rencontré un vieil agriculteur qui vous demande votre « Nistagramé » au milieu d’un village abandonné. Je profite de mon temps libre pour disparaître dans des endroits où personne n’aura idée de venir me chercher. Un de mes loisirs il consiste, à passer du temps à regarder l’érosion d’un mur, l’émail des carrelages se déliter, dans les vieux villages abandonnés. C’est un moment qui ne demande pas à être accompagné, un peu comme une rumination où on privilégie grandement la solitude, où l’on coupe son téléphone. On prend une respiration profonde et on regarde, autour de soi, on écoute. Vivre, le moment présent, pour soi même.

Je suis Aleksey, chasseur immobilier pour Retraite en Espagne. Au travers de notre blog ainsi que notre groupe facebook, nous parlons de démarches administratives, impôts, comment acheter en Espagne, mais aussi de tourisme et faits culturels.

J’espère que vous apprécierez ce partage sur la campagne espagnole et ses rencontres. Cet extrait est recopié de mon journal de bord. Bonne lecture.

Je suis Aleksey ! Voici une des photos réalisée pendant mes balades.

À l’heure où l’on partage tout et n’importe quoi sur les réseaux sociaux, où l’on y détaille son quotidien, chaque mouvement, c’est un acte de résistance que de vivre pour soi même, le moment présent. Sommes nous autant important pour raconter aux autres qu’aujourd’hui on va faire cette chose là, voir telle personne et de croire que cela va réellement apporter quelque chose ? Non, nous ne sommes pas important et on le comprend grandement lorsque l’on s’assoit face à une montagne, lorsque l’on passe un moment dans la nature. Nous sommes petits et faibles, nous le devenons de plus en plus, parce que nous relayons notre vie à la virtualité, nous dépendons d’ordinateur et de médias.

Par chance, il y a plus de jeunes qui partage ce même avis, plus de jeunes qu’on ne le pense. Leurs loisirs les dirigent vers la nature, l’observation. Je me sens moins étrange bien que je serai toujours, règle de vie, l’étrange personnage de quelqu’un. Écrire des histoires, écrire sur le quotidien, est la façon créative que j’utilise pour partager avec les autres. Faire joliment les choses, ou tout du moins essayer. C’est pour cela que je me trouvais au milieu de la campagne, pas si loin de la ville, immobile, un carnet à la main, sans bouger, profitant de la solitude que transmettait cet hameau abandonné.

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Lorsque tout le matériel perd sa consistance, n’est qu’un amas de pierres, ciment et mortier absurde, il est déjà trop tard pour inventer une histoire. J’inspectais les alentours. Des agaves livrés à eux même. Des alouettes sur les talus, molestées par ma présence, relevaient leurs crêtes. Un ciel bleu incorruptible. Je m’aventurais dans une maison, regardait la cheminée peinte avec les ocres. Le foyer était une large bouche ouverte, édentée, dont la gorge était noire de tant de feux. Il y avait un étage. Je pouvais m’y aventurer, montais prudemment les escaliers, regardais les sols, il restait une commode sans âge ravinée de fientes et de poussières. Je regardais par la petite fenêtre.

Rien à l’horizon, seulement l’azur strié de balles rapides : des oiseaux. Je sortais mon carnet, commençais à prendre des notes, dessiner. Dans l’une des granges, il y avait encore du foin. Cet édifice était donc encore utilisé ? Je ne rentrais pas, les poutres paraissaient trop douteuses, prêtes à se fendre. Plus loin, une maison effondrée n’était plus que débris et tuiles. Je m’en approchais quand même et faisais aussitôt un bond en arrière, surprise par un grand lézard qui lui, disparu en un éclair dans les herbes hautes. Je reprenais le chemin pour m’offrir une vue d’ensemble. Rien n’était indiqué à propos de cet endroit, il faudrait faire des recherches plus approfondies, regarder sur une carte papier.

Parce que, j’étais, au milieu de nulle part et c’est au milieu de ce même nulle part que je vis surgir au loin, un véhicule.

 C’était une vieille camionnette blanche, partiellement striée de sable rouge grossièrement enlevée à la va vite. Elle s’arrêtait à quelques mètres. Un vieil homme en sortait, dubitatif. Il restait immobile en me regardant. Je comprenais que dans ma robe à fleurs, avec mon large chapeau, mes espadrilles, je devais avoir l’air particulièrement étrange et hors contexte. Je souriais. Il ne bougeait plus. Il fallait prendre les devant, faire un grand sourire. Je m’approchais, en tendant la main et en me présentant. « J’ai cru que vous étiez un fantôme » me répondit-il avant de rire très fort.

« -Que fait une señorita dans un endroit tant désolé ? 
-Si je vous le dis, vous allez croire que je suis vraiment un fantôme.
-Mais non !
-Je viens simplement observer et je m’inspire de ces endroits
. »

Il y eu un silence que je crevais en éclatant de rire. « Oui oui, c’est pas commun, ici c’est plutôt les tutubillas* qu’on voit, pas les femmes, enfin, pas des femmes comme vous, on voit les femmes qui travaillent dans les champs ». Il semblait un peu dépassé par la situation et je ne répondais que par des rires. J’expliquais que j’aimais visiter des vieux villages, vielles bâtisses, connaître leur histoire parce que j’avais le souhait, sans prétention, d’en récolter la mémoire. Celle d’une Espagne pas si lointaine qui a évolué soudainement, celle des anciens.

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Il me demandait mon origine, certainement à cause de mon accent. Il se trouva peut-être cavalier parce qu’il s’excusa en soulignant que je parlais très bien espagnol. Je plaçais dans la conversation que mon mari, espagnol, avait été un pivot dans l’apprentissage de la langue bien que ma feu grand-mère espagnole avait mis dès mon plus jeune âge, l’idiome de Cervantes dans mon oreille. De toute évidence, il me pris pour une excentrique (sans oser le dire) mais il devait certainement s’ennuyer, avoir envie de nouveauté. Il s’appelait Paco, prétendait pouvoir être au moins deux fois mon grand-père, être propriétaire de ces terres là (qu’il désignait de l’index, en dessinant dans l’air les parcelles).

Il demanda où était mon mari alors lorsque je répondis que j’étais venue me balader tranquillement il leva les yeux au ciel et aussi les bras, tout en invoquant la Vierge le Seigneur et je ne compris quel saint. Je ne contenais pas un rire devant cette exposition de drama latin. « C’est pas un endroit où emmener sa femme ! » je rétorquais que cela me faisait plaisir qu’on m’emmène voir des ruines. Il trouva que je n’étais pas bien compliqué à rendre heureuse, que sa petite fille ne voulait pas venir dans les champs parce qu’il n’y a rien à y faire.

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Je répondais que je pouvais jouer le rôle de la petite fille aujourd’hui s’il acceptait de me raconter son histoire et celle du village. « Je vais être connu en France ? » « Peut-être Paco », « Alors dis pas où est-ce qu’on se trouve ils viendront tous comme à Lourdes » « La vierge apparait ici ? » « non non, mais vous savez les gens, lorsqu’ils lisent quelque chose, ils ont envie de venir, ils vont être déçus de voir que tout est cassé » « Oui mais au moins ici personne ne vous embête » « Non, mais ma femme va m’embêter si plein de femmes jeunes comme toi arrivent dans le village, le Nistagramé rend populaire les endroits ». Je lui fis répéter la phrase. Le Nistagramé était en fait Instagram, il me prenait pour une influenceuse.

J’imaginais un court instant des autobus de jeunes femmes arriver et s’émerveiller devant les ruines. Ça me paraissait complètement surréaliste. « Paco, mon public est plutôt composé de retraités ». Il eu un instant de battement. « Je ne suis pas retraité, je travaille » (et il travaillerait jusqu’au dernier instant) je répondais « les gens qui me lisent, sont majoritairement des retraités, ils souhaitent venir passer leur retraite en Espagne ». « Doux nom de Jésus Christ ! Ils ont l’argent pour acheter le village ? Ça les intéresse ça, la campagne espagnole ? ». Je ne saurais dire si l’idée lui plaisait ou au contraire, l’effrayait. « Paco, je ne suis pas sur ce type de projet, j’aimerai beaucoup d’ailleurs. Oui, la campagne espagnole plait aux gens, il n’y a pas que la mer. Mais vous seriez content, vous, qu’il y ai une communauté de francophones à côté de chez vous ? ».

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Il hésitait. Il répliqua que ce serait une bonne idée à condition qu’il soit ouvert un petit bar. Nous avons ri tous les deux. Même dans la campagne espagnole la plus reculée, il y a toujours un bar. Il entreprenait de me faire visiter les alentours et de me raconter quelques histoires du coin. La majorité des propos reposait sur quelques cancans que sa femme lui avait colporté et qu’il me racontait soit disant parce que nous les femmes nous adorons les cancans. Ce n’est pas tellement mon cas, même si je dois reconnaître adorer, l’Été, me joindre à des anciennes pour écouter les nouvelles locales qui concernent le quotidien des gens.

Elles sont contentes et on termine souvent par parler de Julio Iglesias (pour n’en citer qu’un). Elles sont toutes émoustillées, se passent les mains dans les cheveux, comme si Julio Iglesias lui même allait débarquer, poser sa chaise pliante et roucouler. Paco n’avait aucun ragot à me raconter sur Julio Iglesias, mais je m’y attendais un peu. Il me citait une ribambelles de noms et prénoms que j’avais déjà oublié. Une telle mère de un tel qui s’est marié avec la cousine de la Francesca. Vous voyez, ce genre de récapitulatif d’une télénovela qui déjà comportent plus de 3500 épisodes. Même chose. 

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Nous avons marché côte à côte. Nous avons grimpés sur le coteau, de là il m’a désigné les ruines d’un moulin, narré quelques champêtres histoires, brève allusion à une certaine Maria avec qui il allait danser. La nostalgie d’un baiser échangé pudiquement entre lui et Maria et nous passions sur son mariage avec Juana. Maria semblait être une éternelle fiancée dont il parlait avec un peu trop de regrets, regrets perceptibles dans sa voix. Que s’était il passé ? Je ne posais pas de questions personnelles à ce compagnon de fortune mais je ne pu m’empêcher de lui parler de Brecht et de son poème, Souvenir de Marie A. Il pensa que Brecht était une compagnie d’exportation, j’ajustais le tir en expliquant qu’il était auteur. Maladroitement, je lui récitais les vers du poèmes. En Espagnol. Je ne le connais pas très bien ce poème, en Espagnol, mais mon inexactitude ne serait pas remarquée par Paco.

Il y eu dans le silence, la complainte lointaine d’un perdreau qui appelait la femelle. L’inconstance d’un souvenir, le fait qu’il reste à tout jamais un souvenir voir un regret, au milieu d’une nature qui elle, continuait son évolution, sans le sentiment. Vie, naissance, mort et renaissance, de nos campagnes, de notre campagne espagnole. Comme des arbres, ces vieux finissent par tomber face contre terre en plein labeur. C’est la mentalité des agriculteurs. L’homme semblait un peu ému, il ne parlait plus. Nous sommes restés quelques minutes à regarder l’horizon sans ne rien dire. Il finit par glisser que c’était joli, le poème, que lui connaissait Hernandez même s’il n’avait jamais tant lu.

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-Et alors, tu as vu des choses inspirantes ?
Paco s’était raclé la gorge et épiait tel un aigle, les reliefs de la campagne.
-Il restait des objets intimes dans les maisons, comme une fiole d’apothicaire, un peigne, une paire de chaussures tellement aplatie par la chaleur et le temps que je les aient prise pour des morceaux de dalle, il y avait un mur aussi à la limite de l’effondrement et il s’était arc bouté.
-Ne montes pas les étages.
-Mon père est chef de chantier, je suis moi même partiellement dans la construction alors, il y a quelques petites choses que je n’ose pas faire.
Il tourna la tête vers moi, un peu interloqué par la révélation et certainement la combination improbable de la féminité avec la truelle, la bétonnière et la poussière.

-Une femme sur les chantiers, c’est un monde moderne.
-En réalité, j’aime voir les choses se construire, la maison, c’est un espace sacré. J’aime les rénovations d’anciennes bâtisses mais j’aime aussi ce village abandonné, d’ailleurs, pouvez-vous m’en raconter l’histoire ?
-J’accepte, mais pas ici, le soleil va me taper sur la tête. J’habite à côté, les françaises aiment le vino, vous voulez un petit vino* ?

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La maison n’était pas tant plus arrangée que celles qui étaient en ruine. En réalité, elle était destinée au même sort. Elle serait fermée. Visitée peut-être de force. Elle serait vidée du peu de choses de valeur. Bien sûr que cela donne un peu de peine mais ma consolation serait qu’il reste une fenêtre ouverte. Une fenêtre ouverte est une issue sur une vie. Hirondelles, oiseaux en tout genre et chauves souris, choisissent ces maisons et édifices potables, pour nicher, dormir en paix loin de tous prédateurs. Un oiseau est un être intelligent, il ne va pas nicher dans un endroit qui va s’effondrer tout de suite.

Un édifice qui a encore de belles années devant lui est plus habité qu’on ne le pense. Lorsqu’il est sur le point de soupirer une dernière fois, il n’y a plus personne. C’est un conte que j’aime raconter, celui qui traite le sujet des murs qui ont des oreilles et qui parlent à qui veut bien les écouter. La maison était simple blanche, peinte récemment d’ailleurs, tout de plain-pied, à l’entrée il y avait deux bacs construits de chaque côté, où s’épanouissaient des géraniums rouges. Il y avait quelques pots, en terre cuite, de toutes forme et âges, tous contenaient fleurs, plantes aromatiques et cactus.

La campagne espagnole et son ambiance

On pénétrait dans la maison dans un large salon modeste, avec une télévision plate et moderne. Les sofas étaient avec ces espèces de tissus légèrement en relief, comme du velours, ceux qui représentent des fleurs marrons, oranges et beiges. Ces canapés qui dissimulent un lit dont les ressorts vous rentrent dans les côtes. Je fus dirigée et conviée à m’assoir dans la cuisine où le mobilier disparate, donnait une note un peu comique. Entre les chaises bancales, en bois, trônait une table ultra moderne d’un blanc éblouissant, marque scandinave que tout le monde connait.

Aux murs, quelques objets dont l’usage me paraissait flou, bien entendu, une vierge par-ci une croix par là, un meuble en formica, un set de casseroles en cuivre reluisant qui ferait pâlir d’envie ma belle-mère. Il faisait délicieusement frais. Le réfrigérateur n’avait pas 5 ans, au moins il était raccord au niveau du blanc avec la table. Paco ouvrait les placards, je me proposais « Je vous aide ? » . Mauvaise idée, Paco grogna en disant qu’on invite pas les femmes pour les faire travailler. Je me contentais de rire. Il se retourna, me fixa, puis se mis à rire dévoila un sourire avec des dents en argent. « C’est bien, c’est beau la jeunesse ».

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Il posa sur la table deux petits verres à pieds très coquets et sortit du réfrigérateur une carafe de vin rouge. Il nous servit et déposa sur la table des olives, qu’il précisa, de sa production. J’apprenais qu’il avait 4 fils et une fille, tous à la ville. Il vivait seul dans sa maison. Le monsieur réfutait la perspective d’aller vivre en ville. Il disait « je suis né ici je meurs ici ». Cela l’obligeait à faire des kilomètres en voiture chaque jour. Parce que Paco aime aller jouer aux cartes, il a encore des amis en centre ville avec qui il se réunit au quotidien. En l’écoutant parler, je déduisais que c’était un homme sans âge et surtout, un homme profondément heureux.

Je profitais de chaque moment avec lui en comprenant que jamais je n’aurai l’occasion de le revoir encore. Dans des années, je repasserai et je trouverai sa maison inanimée, les géraniums à l’entrée ne seront plus fanés, ils seraient des branches marrons élevant leurs mains comme des incantations vaines. Paco disparaitrait, comme son village, comme le reste. Le perdreau continuerait d’appeler les femelles. Le souvenir de Marie resterait un mystère à peine effleuré. Une disparition en étant heureux comme un Paco au milieu de son campo.

Exil de la campagne espagnole

J’apprenais que le village avait été abandonné finalement assez récemment, soit 50 ans pour une partie et un peu moins pour l’autre. Exil de la campagne espagnole. Si il était dans un état aussi lamentable, c’était à cause de la médiocrité des matériaux utilisés. L’expansion de la ville, ses services, sa station ferroviaire, avait motivé les habitants à s’en aller. Progressivement, ils avaient délaissé le village et opté pour la vie citadine, ses facilités. J’expliquais à Paco que désormais, les gens veulent une maison de campagne et il éclata d’un rire sonore « un madrilène dans la campagne, c’est leur rêve mais ils ne différencient pas une pelle d’un râteau ».

Il me rappelait la Provence, ses provençaux qui considèrent toujours les Parisiens comme des ignorants. Les facéties de certains à leur faire croire, autrefois, une multitude de choses absurdes pour après en rire autour d’un pastaga-belotte. Je donnais en partie raison à Paco. La campagne, c’est un mode de vie qui ne convient pas à tout le monde. Il y a des bruits, des odeurs, un rythme. J’ai grandi dans la campagne, elle est une des trajectoires de mes veines. La campagne ne me dégoute pas, elle nous fait accepter que la nature aura toujours raison, combien nous sommes devenus surtout ignares.

Aleksey dans la patio de la Maison de Federico Garcia Lorca. Cliquez-ici pour lire l’article.

Journal d’Aleksey : Et nous ne nous quitterons jamais plus.

Je donnais mon avis à Paco. Les enfants sont capables de vous nommer de nombreuses marques, mais au moment de vous citer des espèces de plantes communes et de races d’oiseaux, c’est le silence. En ne sachant plus nommer les choses, ni les reconnaître, nous les rendons inexistantes. Nous ne sommes plus capables de les valoriser. Paco s’en indignait, en disant que tout était fichu et qu’il a bien fait de naître avant. Je le taquinais en disant que j’étais née au bon moment car je n’aurai pas été une bonne ménagère. Il faisait un grand geste : « Que va, un industriel t’aurai épousé, tu serai partie à la ville, tu aurai eu des servantes« .

Je répondais que c’était un sacré projet et que je n’avais pas songé au potentiel que j’aurai eu, si j’étais née dans le passé. Il répondit que c’était ce qui arrivait aux jolies filles comme moi, qui ont la peau blanche, les yeux bleus et des petites mains. Ce n’est pas la première fois qu’on me complimentait sur la blancheur de ma peau, je pensais que c’était un compliment propre aux anciens. En effet, avoir la peau blanche signifiait qu’on ne se fatiguait pas aux champs. Étrange est que ce compliment soit également émit par des gens jeunes. Eduardo dans ses premiers manifestes, avait parlé de ma peau blanche. Je remerciais Paco pour le compliment.

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S’ensuivait ensuite une ribambelles de charades et plaisanteries. Son téléphone sonna, il le sortit de sa poche, c’était un portable assez moderne et il semblait très agile avec. C’était ses amis qui l’attendait en ville. Il répliquait « j’ai rencontré une jeune femme française dans le campo ». J’entendais les plaisanteries. Il s’indignait en disant qu’il avait vraiment vue une femme dans les champs et qu’elle trouvait ses olives très bonnes. J’éclatais de rire. Silence radio au bout du fil. Ils m’avaient entendu. « C’est qui ? » « c’est la télé ? » « Il n’y a personne dans ton campo tu te moques » « Les françaises, tu es fou! ». Il ne répondit pas plus et rétorqua, grognon, un « j’arrive » . J’ai dit à Paco « faîtes une photo de moi vous leur montrerez, vous la mettrez sur Nistagramé ».

L’idée lui plu. Il pourrait les mettre sur Nistagramé. Par contre, il préféra en faire plusieurs, une n’étant pas suffisante. Il resservit un petit verre parce qu’une femme avec un verre vide signifie que son hôte est un goujat. Il fallait aussi en faire quand je mangeais des olives parce que son copain Sanchez dit qu’il ne sait pas les faire, alors si une femme française avec un chapeau en mange c’est parce que c’est bien (?). Je me mettais sous le portrait de la Vierge (il apprécia fortement l’idée) et suivais ensuite ses indications. Je posais devant les géraniums. À côté de la camionnette (?) et devant le poulailler. Je terminais en mimant du flamenco. Ça lui plu aussi.

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Il acquiesça de la tête en disant qu’il avait suffisamment de preuves pour prouver mon existence. Il me montra les photos. Je me retrouvais au milieu d’images de tomates, de chiots, les (je suppose) petits enfants, les amis en train de danser. Ils avaient l’air de bien s’amuser. Je me rappellais de mon grand-père qui s’était fait exclure du bar parce qu’avec ses amis ils avaient cassés les chaises. Le problème est que je n’avais pas bien compris si c’était à 80 ans ou à 19 ans. Lorsque je lui avais posé la question il avait répondu qu’il avait simplement mis l’ambiance parce que je cite « tous ces vieux s’ennuyaient« .

Il s’était fâché contre moi pendant une dizaine de minutes en me faisant un laïus, comme quoi il était encore capable à son âge de casser les chaises et faire tourner la tête aux femmes. Je n’avais pas contesté, il m’avait menacé de me dénoncer à mon père si j’osais casser les chaises pour mettre l’ambiance (…). J’avais contesté que je n’avais pas hérité de ça de la part des Vidal, seulement de leur sale caractère. Il avait acquiescé avant de comprendre et se fâcher. Je lui plaçais que ce soir là, j’avais mis l’ambiance sans casser de chaises. Ça l’avait rendu content. 4 secondes. Avant qu’il s’énerve à nouveau et me rappelle qu’il peut casser les chaises à 80 ans ! Anda !

Crédit photo Retraite en Espagne

Les photos de Paco et de ses amis me rappelait cet épisode. Il m’en montra quelques unes, je voyais des messieurs bien âgés mais d’une incroyable jeunesse à l’heure de s’amuser. Puissent-ils vivre encore longtemps heureux, valides.

Je lui recommandais qu’on en fasse une photo ensemble. C’était terriblement mal cadré, j’avais un oeil de travers, mais Paco en était content. Il me demanda où il devait me ramener, je lui indiquais un carrefour où je continuerai ma route et mes contemplations. Il m’y déposa. Je faisais une bise à Paco. Il s’excusa parce qu’il piquait et que ce n’est pas bien de piquer les joues des jeunes filles. Je lui disais que c’était du blush gratuit. Il ne compris pas. Je tapotais mes joues, en disant que ça donne bonne couleur. « Non, ma petite, tu as bu deux verres de vin je suis trop vieux pour te faire rougir, tu es gentille ».

Je lui demandais s’il avait Nistagramé. La réponse était celle que j’attendais : non, mais son petit fils l’installerait. Il me demanda mon Nistagramé et je lui donnais. Il s’en amusa en disant qu’un de ses copains a le Nistagramé et qu’il regardait les femmes en bikini, qu’après ça fait des ennuis avec son épouse. C’était en réalité charmant, j’imaginais le pépé plus avertit que les autres montrer au bar les profils des femmes du Nistagramé aux autres. Les hommes sont heureux avec pas grand chose. Définitivement. 

Il me salua en disant que ses amis s’impatientaient au bar et qu’il voulait aller les rendre jaloux en leur montrant les photos.

Je trouvais que c’était une bonne idée. Que ça allait faire parler les gens. Il ajouta qu’il les montrera aussi à son fils, le jeune, qui a 15 ans de plus que moi. Puis il rectifia en disant que j’avais déjà un mari que ce n’étais pas nécessaire. J’ajoutais qu’un mari à la maison ça suffisait mais qu’il pouvait montrer les photos à qui il voudrait, qu’il leur dise bien que j’avais apprécié les olives. Je le remerciai pour ce moment, pour le vinito, le transport, il démarra et s’en alla en saluant de la main depuis la fenêtre. 

Je sortais mes écouteurs et mettait dans mes oreilles la chanson qui semblait pour le moment, la plus appropriée : la montagne, de Jean Ferrat. Je marchais tranquillement le long de la route, en sentant une douce félicité. À ce moment là j’étais très heureuse, la joie de vivre est communicative. C’était une belle journée, elle n’était pas extraordinaire, elle était simplement plus proche de la nature, la terre, de l’Humanité.  Si un jour, nous sauvons un village entier, nous suivrons le conseil de Paco : nous y mettrons un petit bar. On ne mettra pas le vin rouge au frais parce que les français crieraient à l’avanie.
Je rêverai de sauver un petit village, ceux pour qui c’est encore rattrapable. Parce que c’est sauver une histoire, un souvenir, c’est donner une nouvelle vie, une nouvelle jeunesse, à ce qui viendront y vivre mais aussi aux murs.

De toute évidence, nous en parlerons sur tous les réseaux sociaux. Aussi sur le Nistagramé. Surtout sur le Nistagramé.
D’ailleurs, voici notre Nistagramé que nous n’utilisons pas beaucoup. Voici mon Nistagramé où je partage quelques aventures.
Si vous vous posez la question, Paco ne me suit toujours pas sur Nistagramé.

tutubillas* nom « argotique » pour désigner des alouettes (Alondra au singulier en espagnol)
Vino* : Vin

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